Paiement à terme : les bonnes pratiques pour se faire payer

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Le paiement à terme désigne un règlement effectué après la livraison d'un bien ou la réalisation d'une prestation, par opposition au paiement comptant. Ce principe traverse des modèles très différents : un SaaS facture son abonnement en fin de mois, un prestataire B2B envoie sa facture à 30 ou 60 jours, un locataire règle son loyer à terme échu. Le point commun : la valeur est livrée avant que l'argent n'arrive.

Digitaliser l'intégralité du parcours, de la commande jusqu'à l'encaissement, permet d'éviter tout retard ou impayé. Alors, quelles sont les meilleures pratiques ? Décryptage dans cet article.
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Le paiement à terme, un risque de trésorerie que la loi encadre, sans éliminer

En France, le paiement à terme entre professionnels est encadré. La loi de modernisation de l’économie (LME) fixe un délai supplétif de 30 jours à réception de la marchandise ou d’exécution de la prestation et un plafond contractuel de 60 jours nets à compter de la date de facture ou 45 jours fin de mois si cette modalité figure au contrat.

Mais un cadre légal ne suffit pas à sécuriser une échéance. Début 2026, le retard moyen de paiement entre entreprises atteint 18,9 jours, son plus haut niveau depuis douze ans, contre 17,3 jours un an plus tôt¹. La Banque de France estime que si les grandes entreprises payaient leurs fournisseurs dans les délais, les PME auraient récupéré 13 milliards d’euros de trésorerie sur la seule année 2024².

Chaque jour de retard sur une échéance représente, de fait, un crédit gratuit accordé à son client. Pour une direction financière, la question n’est donc pas seulement de connaître ses droits en cas d’impayé, mais de structurer un parcours qui réduit mécaniquement le risque de retard.

Choisir les bons moyens de paiement pour sécuriser l’échéance

Premier levier pour transformer le cycle du paiement à terme échu : le choix des moyens de paiement proposés au client. Ils conditionnent directement la probabilité qu’une facture soit réglée à la date prévue.

Le virement bancaire reste la norme en B2B, mais il repose entièrement sur l’initiative du payeur : rien n’empêche un client de le décaler de quelques jours, volontairement ou par simple oubli.

Avec le Pay by Bank (Payer avec ma banque), l’initiative revient au marchand : c’est lui qui déclenche un virement pré-rempli, que le client n’a plus qu’à valider depuis son espace bancaire. Une alternative fiable, qui sécurise l’échéance sans dépendre de la bonne volonté du payeur.

Pour le paiement à terme ponctuel ou pour les factures isolées, un lien de paiement par carte bancaire envoyé directement au moment de l’échéance réduit la friction : le client règle en quelques clics.

Autre option, pour les abonnements récurrents (SaaS, contrats de service) : le prélèvement SEPA, particulièrement adapté aux échéances mensuelles connues à l’avance et qui se répètent chaque mois.

Cette diversité de moyens de paiement permet d’adapter le canal d’encaissement au profil du client plutôt que d’imposer une modalité unique à l’ensemble du portefeuille.

Passer d’un paiement à terme subi à un paiement à terme piloté

Quels que soient les moyens de paiement sélectionnés, tout l’intérêt est d’automatiser le suivi des échéances plutôt que de découvrir un retard au moment du rapprochement bancaire. Concrètement, cela veut dire détecter chaque facture arrivée à échéance dès le lendemain de la date prévue.

Les entreprises les plus avancées segmentent leur base clients selon leur profil de paiement (historique, montant, secteur) et déclenchent des scénarios de relance différenciés, par exemple :

  • un rappel cordial à J+1,
  • un e-mail plus ferme à J+15,
  • une alerte transmise au commercial ou au credit manager au-delà de 30 ou 60 jours.

Cette granularité évite deux écueils symétriques : relancer un bon payeur avec la même sévérité qu’un client en difficulté ou laisser filer un dossier sensible faute de suivi.

L’automatisation vient structurer la relation commerciale : elle libère les équipes des dossiers standards pour qu’elles se concentrent sur les cas qui nécessitent un vrai arbitrage : un litige, une demande d’étalement, un client stratégique en tension de trésorerie.

Bien menée, cette automatisation de la relance réduit sensiblement le nombre de jours de retard moyen et redonne de la visibilité sur la trésorerie prévisionnelle.

Quand la relance ne suffit plus

Malgré l’automatisation, une partie des impayés ne se résout pas toujours par de simples relances.

Dans ce cas, la mise en demeure reste une étape structurante avant d’engager une procédure. Elle peut être suivie, si nécessaire, d’une injonction de payer auprès du tribunal de commerce ou de l’intervention d’un huissier pour les dossiers les plus anciens.

Pour les entreprises confrontées à des retards récurrents plutôt qu’à des cas isolés, l’affacturage constitue une autre option : céder ses créances à un tiers permet d’encaisser par anticipation, en transférant le risque et le délai de recouvrement. C’est un levier de trésorerie complémentaire, particulièrement utile quand le paiement à terme pèse sur le besoin en fonds de roulement.

La facturation électronique : pour digitaliser le cycle de bout en bout

Tous les leviers précédents peuvent être mis en place indépendamment les uns des autres. La réforme de la facturation électronique offre l’occasion de les connecter dans un seul flux.

À partir du 01/09/2026, toutes les entreprises devront être en mesure de recevoir leurs factures sous format électronique structuré via une PDP. L’émission deviendra obligatoire à la même date pour les grandes entreprises et les ETI, puis au 01/07/2027 pour les PME et microentreprises.

Au-delà de l’obligation réglementaire, cette bascule change la nature de la donnée disponible sur chaque facture : la date d’émission, la date de réception et, potentiellement, la date de règlement deviennent traçables sur une même plateforme. Le point de départ d’une échéance à 30, 45 ou 60 jours n’est alors plus sujet à interprétation, ce qui simplifie le calcul automatique des délais et des pénalités de retard éventuelles.

Seules 7 % des entreprises se déclaraient prêtes pour cette échéance réglementaire au printemps 2026³. Un chantier qui, bien anticipé, peut aussi devenir le socle technique d’un parcours de paiement à terme entièrement automatisé, de l’émission de la facture jusqu’au rapprochement de l’encaissement.

En résumé…

Digitaliser son paiement à terme échu consiste à connecter plusieurs briques : une facturation fiable, des moyens de paiement adaptés à chaque client, une relance automatisée et segmentée, un rapprochement des encaissements en temps réel et une escalade claire quand l’amiable ne suffit plus.

Prises séparement, ces pratiques réduisent déjà les retards. Reliées entre elles sur une même plateforme, elles transforment un poste client subi en un cycle piloté, du devis jusqu’à l’encaissement.

Sources :

¹ Enquête Ifop/Arc, “Baromètre des retards de paiement” (2026)

² Banque de France, “Entreprises: les retards de paiement en nette hausse, la facturation électronique pourrait les réduire” (2026)

³ Altares, “Défaillances record, retards de paiement, facture électronique” (2026)